Anti-douleur sans ordonnance : ibuprofène ou paracétamol ?

La réponse du pharmacien en bref

Le paracétamol est l'antidouleur de première intention : sûr et efficace pour la plupart des douleurs légères a modérées et la fièvre. L'ibuprofène (Nurofen, Advil) est un anti-inflammatoire plus puissant, utile pour les douleurs inflammatoires, les règles douloureuses ou les traumatismes. Mais il est contre-indiqué chez la femme enceinte, l'insuffisant rénal, et en cas d'ulcère gastrique.

Anti-douleurs sans ordonnance

Paracétamol : l'antidouleur de référence

Le paracétamol (Doliprane, Dafalgan, Efferalgan) est l'analgésique le plus prescrit en France. Son mécanisme d'action reste partiellement élucidé mais il agit centralement pour moduler la perception de la douleur et la température corporelle. Il est indiqué pour : céphalées, maux de dents, fièvre, douleurs musculaires légères, douleurs post-opératoires légères. Avantages : excellente tolérance gastrique, compatible grossesse, peu d'interactions médicamenteuses. Limite principale : risque hépatotoxique en cas de surdosage ou d'association avec l'alcool. Dose maximale : 4 g/jour chez l'adulte (1 g toutes les 6 heures).

Anti-douleurs Paracétamol

Ibuprofène : l'anti-inflammatoire de première classe

L'ibuprofène (Nurofen, Advil, Upfen) est un anti-inflammatoire non stéroïdien (AINS) qui inhibe les cyclo-oxygénases (COX-1 et COX-2), enzymes impliquées dans la production de prostaglandines pro-inflammatoires et pro-algésiques.

Il est particulièrement efficace pour : douleurs inflammatoires (tendinite, arthrose en poussée), dysménorrhée (règles douloureuses), maux de dents avec inflammation, traumatismes (entorse, choc).

Dose usuelle : 200 à 400 mg par prise, 3 fois par jour, toujours au cours d'un repas.

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Quand privilégier l'un ou l'autre ?

Paracétamol en premier : céphalées de tension, fièvre simple, douleur de fond légère, grossesse, ulcère gastrique connu, insuffisance rénale ou hépatique, sujet âge.

Ibuprofène si nécessaire : douleur avec composante inflammatoire nette, dysménorrhée, traumatisme récents, douleur dentaire avec gonflement.

Contre-indications de l'ibuprofène à connaître

L'ibuprofène est contre-indiqué ou doit être utilisé avec précaution dans les situations suivantes :

  • Grossesse (surtout à partir du 2eme trimestre, formellement contre-indiqué au 3eme)
  • Insuffisance rénale, hépatique ou cardiaque
  • Ulcère gastroduodénal actif ou antécédent
  • Prise d'anticoagulants (risque hémorragique majore)
  • Déshydratation sévère ou fièvre élevée (risque néphrotoxique)
  • Varicelle (risque de complications infectieuses graves)

Conseil IllicoPharma

En cas de doute, commencez toujours par le paracétamol. Si la douleur est clairement d'origine inflammatoire et en l'absence de contre-indication, l'ibuprofène peut être plus adapté. Ne combinez jamais deux AINS et ne dépassez jamais les doses recommandées. En cas de douleurs persistantes plus de 3 jours malgré le traitement, consultez un médecin.

Anti-douleurs : paracétamol ou ibuprofène

FAQ

Peut-on prendre paracétamol et ibuprofène en même temps ?

L'association n'est pas contre-indiquée en soi et peut être utilisée en alternance (un médicament toutes les 3-4 heures en décalé). En revanche, ils ne doivent pas être pris simultanément car l'effet antidouleur n'est pas additionné au niveau des doses. Cette stratégie en alternance est parfois conseillée par les médecins pour des douleurs intenses.

L'ibuprofène est-il dangereux pour les reins ?

Oui, en cas de déshydratation, d'insuffisance rénale ou d'usage prolongé, l'ibuprofène peut réduire le flux sanguin rénal et provoquer une néphrotoxicité. Hydratez-vous bien lors de la prise, ne dépassez pas 5 jours de traitement sans avis médical, et évitez-le en cas d'antécédent rénal.

Y a-t-il une différence entre Nurofen, Advil et ibuprofène générique ?

Non, en termes de principe actif et de dosage, les trois sont équivalents. Les différences portent sur les excipients, le prix et les formes galéniques disponibles. Les génériques sont aussi efficaces et moins couteux.

Le paracétamol peut-il abimer le foie ?

Le paracétamol est hépatotoxique uniquement en cas de surdosage (plus de 4 g/j chez l'adulte sain) ou lorsqu'il est associé a une consommation régulière d'alcool. Respecté à la dose recommandée, c'est l'analgésique le mieux toléré au niveau hépatique pour la population générale.

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Patrick Nesme

A propos de l'auteur

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Patrick Nesme est Docteur en Pharmacie, diplômé de la Faculté de Pharmacie de Lyon et également titulaire d'un Master en Strategy and Management [...]

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